Les contours de l’identité locale sont toujours difficiles à délimiter. Cela touche les personnes, l’univers de leurs mémoires collectives et individuelles, cela concerne les valeurs partagées.
L’identité se conçoit comme une combinaison d’éléments très hétérogènes. Il s’agit de façons de dire, de façons de faire, de références culturelles, d’appartenance à une culture ouvrière, professionnelle, régionale, religieuse, sociale… C’est une notion fédératrice qui désigne ce qui perdure, ce qui distingue et ce qui rassemble.
· LE PATOIS
Le 10 août 1539, l’ordonnance de Villers-Cotterêt impose comme langue unique celle parlée en Ile-de-France : la langue d’oïl. Tous les parlers régionaux sont alors rejetés au titre de « patois ». En 1793, la loi réprime l’emploi des langues régionales jugées subversives (elles serviraient aux prêtres et aux nobles contre-révolutionnaires). L’école laïque de la IIIème République punissait les élèves l’utilisant… Le mot "chti " ou "chtimi " a été inventé durant la Première Guerre mondiale par des "poilus" qui n'étaient pas de la région. Ils désignaient ainsi leurs camarades nordistes, à partir de quelques mots de leur parler : "Ch'est ti, ch'est mi"...
Malgré ces interdictions successives, le patois a traversé les époques et est aujourd’hui encore vivace ; de nombreux spectacles, livres et même des célébrations religieuses utilisent encore ce parler régional.
· COLOMBOPHILIE et PIGEONNIERS
Les fermes typiques du Nord sont appelées «censes». Il s’agit souvent de bâtisses en briques faisant face aux écuries de l’autre côté d’une cour carrée. Des toits à tuiles ou «pannes» flamandes et un porche surmonté d’un pigeonnier complètent l’habitat rural traditionnel.
La colombophilie est devenue et reste un loisir très pratiqué dans le bassin minier. Les colombophiles sont appelés « coulonneux » en patois et les pigeonniers se croisent au détour des rues.
A Drouvin-le-Marais, il existe différents exemples d’habitat agricole typique dans les rues du Pré, de l’Eglise, du Bois Villain ou dans le sentier de Verquin.
A Labourse, c’est principalement dans la rue A. Larue qu’il est visible.
A Vaudricourt, la rue des Montagnes en offre des exemples.
A Nœux-les-Mines, c’est au croisement des rues Labarrois et J. Jaurès que l’on peut observer une ferme typique. |
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· SAINTE-BARBE
Fille d’un riche païen turc, elle fut condamnée à mort pour chrétienté. Son père voulut être son bourreau et lui coupa la tête. Fier de son acte, il fut immédiatement foudroyé. Grâce à cette manifestation divine, soudaine et liée à la puissance du feu, elle fut choisie par les corporations ayant un lien avec les flammes et les explosifs….comme les mineurs. La quinzaine précédant la Sainte-Barbe, de longues journées de travail étaient autorisées afin d’augmenter la paie. Le jour venu, les mineurs fêtaient dignement leur sainte patronne. Le 4 décembre est toujours une date importante pour tous les travailleurs ayant à affronter le feu ou les explosions ; ce jour-là, ils commémorent ceux morts à la tâche.
· PRODUITS DU TERROIR
Bien que la Région Nord Pas-de-Calais/ Picardie produise à elle seule 50% de la production mondiale et 86% de la production nationale d’endives, les fermes du territoire proposent des produits diversifiés reflétant l’agriculture régionale. Elles proposent ainsi des endives mais également des pommes de terre ou encore d’autres produits de la ferme comme les œufs, le lait… et même des légumes biologiques.
Au Paradis de l’Endive
Ets Decourcelle - 21, rue de Barlin - Drouvin-le-Marais
03.21.01.42.66
Endives Legrand
1 RD72 - Drouvin-le-Marais
03.21.57.63.82
Produits de la Ferme
M. Lombart - 61, rue de l’Eglise- Drouvin-le-Marais
03.21.01.57.71
Ferme de l’Argillière (légumes biologiques)
48, route Nationale - Nœux-les-Mines
03.21.26.37.52
· LES CHARITABLES et SAINT ELOI
En 1188, la peste noire toucha presque tous les foyers de Béthune et sa région. Saint-Eloi, patron des forgerons, apparut à Germon et le pria d'aller fonder une confrérie pour inhumer les défunts afin d’enrayer la contamination. Germon prit la route de Béthune et rencontra Gauthier qui avait reçu le même message. Ils prièrent ensemble près de la source à Quinty et le mouvement fut lancé. L'anniversaire des confréries de Charitables se fête le dimanche suivant le 21 septembre lors de la « Procession à Naviaux » au Parc Quinty à Beuvry.
Les Charitables ont une tenue traditionnelle. Ils portent notamment la cape, le bicorne et l'habit noir. Leur devise est « Exactitude - Union - Charité ».
La confrérie de Vaudricourt, fondée en 1896, aujourd’hui indépendante du pouvoir religieux, perpétue la tradition en participant à l’inhumation des défunts et en accompagnant les familles dans le deuil. La maison des Charitables de Vaudricourt se situe sur la place du monument aux morts. |
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· LE JEU DE JAVELOT -La pétanque du ch'ti -
Ce jeu est devenu une spécialité de la région au même titre que la pelote basque dans le sud-ouest. Le javelot ressemble à une grosse fléchette qu’il faut lancer sur une cible. Au XVIème siècle, les Flamands ont adapté à leur goût le jeu du lancer du couteau des occupants espagnols. Cette pratique fut très populaire dans les cours d’estaminets.
Le parc François Fleury, rue du marais à Fouquereuil, possède une aire de jeu de javelot.
· LA COMMUNAUTE POLONAISE
Dès l'issue de la Première Guerre mondiale, la France fit appel à la main d’œuvre polonaise. Entre 1921 et 1938, les Polonais constituèrent jusqu'au tiers des effectifs des mines. C’est un véritable air de Pologne qui soufflait sur le bassin minier dans ces années-là (certains villages étaient peuplés à 90% de cette population d’immigrés). Des écoles, des associations, des harmonies, des clubs sportifs, des journaux et, bien sûr, des paroisses polonaises virent le jour. C’est l’origine du quartier Sainte-Barbe à Nœux-les-Mines. On évalue aujourd’hui qu’un habitant sur huit de la région est d’origine polonaise. Certes, certaines caractéristiques de cette communauté se sont estompées avec le temps mais le réseau associatif est toujours actif.
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